OPERATION DRONES
Tous droits réservés: N°2004.06.0335 le 18.06.2004
Un roman qui nous fait vivre les aventures de Nathalie, agent secret de la D.S.I (Direction de la Sécurité Intérieure).
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Editeur: La Société des Ecrivains (Filiale du “PETIT FUTE”)
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Présentation d’un extrait:
Chapitre premier
En ce jour de printemps , les rayons du soleil perforaient le feuillage des arbres du parc qu’entourait la résidence de Nathalie Wirky âgée de trente huit ans, de taille moyenne, chevelure brune, coupée au carré, visage triangulaire qui faisait ressortir des yeux verts d’un éclat sublime.
Officier du contre espionnage, elle accéda au poste de chef du « Service Action » en remplacement de sa prédécesseur élevée au grade de Préfet après avoir exécuté brillamment une mission très spéciale.
Nathalie, ce matin écoutait les informations d’une oreille en prenant son déjeuner : chicorée, cornflakes, yaourt ; de quoi mettre en forme, avant le footing du matin .
Les actualités étaient sans grand intérêt : des querelles de clocher ; un coq réveillait chaque jour à cinq heures du matin tout un village, le propriétaire faisait l’objet de plaintes, ou bien un terrain de foot sur une nappe phréatique et encore d’autres futilités. Elle avala son petit déj comme d’habitude au lance pierres .
Complètement nue, elle marcha de long en large sur son magnifique balcon orné d’hortensias qu’elle soignait avec amour. Par la même occasion, elle admira le parc planté d’ arbres géants transplantés de contrées lointaines.
Elle pointa son oreille en direction du salon, la speakerine d’une chaîne de télévision, annonçait l’interruption du programme, en raison de la survenance d’un évènement extrêmement grave.
Elle était particulièrement intéressée car selon les propos de la speakerine, plusieurs personnes auraient succombé suite à l’inhalation d’un produit toxique, conséquence vraisemblable d’un acte terroriste. Le gouvernement face à cet acte ignoble venait de décréter l’état d’urgence et réunissait son cabinet de crise.
Tant pis pour le footing matinal , se dit-elle.
Nathalie comprit qu’une nouvelle mission l’attendait. Elle en était toute surexcitée.
Comme un félin , elle bondit dans le salon, prit son portable et appela le Colonel Steiner chef de la D.S.I. (Direction de la Sécurité Intérieure), coordonnateur des services secrets et rattaché directement au Président de la République.
=Colonel Steiner , êtes vous au courant de ce qui se passe ?
=Oui ! Nathalie, j’ai été immédiatement informé, je vous demande de mobiliser le S.A. Nous sommes débordés et dépassés par les événements mais nous allons nous ressaisir. Pour l’instant, Le nom de la commune est tenu secret, c’est dans le Nord de la France et le code du patelin est « Nilces ».
= Comment peut -on être sûr qu’il s’agit d’un acte terroriste et non pas simplement, le geste d’un déséquilibré ?
=Parce qu’on s’attendait à des actions terroristes depuis un moment, en raison de la politique internationale de la France, notamment son soutien à la Russie dans l’affaire Tchétchène . D’autre part, la France ne peut pas échapper à la guerre contre les croisés, entreprise par les islamistes.
Je vous confie cette mission.
=Merci Colonel ! je fonce sur place .
Lorsqu’elle arriva à l’Ecole Militaire à Paris, les rotors des trois hélicos de l’état major tournoyaient déjà.
En un saut de puce, l’escadrille parvint à « Nilces « dans le Nord de la France, sur le lieu où s’était produit l’attaque terroriste. Sur place, elle découvrit un véritable spectacle de désolation. Les équipes des premiers secours ainsi qu’une cellule de décontamination avaient déjà mis en œuvre le dispositif pour sécuriser le site.
A la vue des unités d’intervention , on avait le sentiment de se trouver dans une mise en scène hollywoodienne .
Le personnel était équipé comme des extra -terrestres et Nathalie fut obligée d’endosser une combinaison N.R.B.C. (Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique) qui ne facilitait pas les mouvements.
L’armement des commandos assurant la protection du site était encore plus impressionnant :
Sur les mitraillettes M4, se trouvait vissée une caméra capable de faire un zoom à trois cents mètres, puis encore une autre caméra de vision thermique et toutes les images s’affichaient sur un mini écran .
Les corps étaient alignés sur la pelouse , on comptait trente trois personnes sans vie, terrassées en quelques secondes par une substance toxique mortelle .
Nathalie démarra son enquête sur les chapeaux de roue en interrogeant le personnel de la sécurité civile.
=Avez vous une idée lieutenant de la nature de la substance et de quelle manière elle a été dispersée à l’intérieur de l’hôpital ?
=Non, Commandant, nous ne connaissons toujours pas le résultat des analyses et nous n’avons pas trouvé un quelconque récipient qui aurait pu servir à transporter cette substance. Nous sommes dans une impasse.
L’air devenait progressivement respirable mais toujours pas de témoin vivant pour commenter ce qui s’était passé.
Elle fit le tour de l’établissement et se rendit vite à l’évidence : la substance chimique n’avait pas été transportée dans des conditions répondant à un mode opératoire logique.
Les autres enquêteurs confirmaient ce constat.
Les résultats des premières expertises furent remises aux autorités , il était déjà possible de conclure qu’il s’agissait d’un produit très toxique entraînant la paralysie du système nerveux et la mort en quelques secondes.
Nathalie se rendit en command- car à l’état major de crise installé à la préfecture du chef lieu du département. Elle entra précipitamment dans la salle de réunion et s’installa à côté du Général chef d’état major de la gendarmerie.
Le Préfet, les ministres de la défense et de l’intérieur ne tardèrent pas à arriver, ils se placèrent à côté de Steiner qui présidait la réunion.
Le général commença l’exposé de la situation .
=Nous sommes confrontés à une situation pour laquelle nous n’avons pas été préparés.
Vraisemblablement une attaque terroriste à l’aide d’une arme chimique inconnue et dont le moyen de transport n’est pas déterminé .
Je vous présente le commandant Nathalie Wirky ayant en charge le commandement des unités d’élite et qui a pour mission de gérer cette situation de crise.
Le général eut à peine le temps de terminer qu’elle prit la parole .
=Pour quelle raison, ne serions nous pas prêts ?
En fait, dans ce type d’opération, des lacunes subsistent toujours dans l’entraînement des hommes ou dans la préparation du matériel.
A un moment donné, il faut ,de toute façon, prendre une décision .
=Certes , Commandant !
Nathalie reprit la parole.
=Nous ne sommes pas prêts général mais nous allons faire face .
Mon unité d’élite se mettra en route dans quelques heures pour lancer les premières investigations.
Le Général répliqua sur un ton hésitant et sembla vexé par l’ardeur du chef « du Service Action » .
=Pour l’instant commandant, il faudrait tout au moins un indice pour cibler nos recherches, nous ne possédons aucune information pour trouver une piste.
=Certainement, mais je suis persuadée qu’ils vont commettre une erreur tôt ou tard et ce sera le point de départ .
A ce moment là nous ne les lâcherons plus.
Les palabres continuèrent un moment encore et chacun présenta son point de vue sans que cela n’altère le bien fondé des interventions du chef du « S.A. »
Steiner était d’ailleurs subjugué par l’enthousiasme de Nathalie.
=Je sais commandant qu’on peut vous faire confiance
A tous bonne chance et bon courage ! !
Elle quitta la réunion, persuadée que d’ici peu de temps un événement se produirait lui permettant de rebondir.
En attendant, il ne fallait pas perdre de temps et elle se rendit au laboratoire de la police scientifique .
Tout le long du trajet, elle réfléchit sur la stratégie à mettre en œuvre.
Le directeur du labo la reçut avec beaucoup de courtoisie, mais ne lui apporta aucune explication supplémentaire si ce n’est la confirmation de ce qu’elle savait déjà.
=Commandant, nous continuons à analyser la substance chimique à partir des prélèvements effectués sur le corps des victimes mais ce qui nous inquiète le plus, c’est la méconnaissance du moyen utilisé pour transporter ce produit dans l’hôpital .
=Alors quelles sont les hypothèses que vous retenez ?
=Aucune car personne n’a enregistré la présence d’un aéroplane, au dessus de la ville, au moment de l’attentat.
=Il faut quand même convenir que cette substance n’est pas arrivée toute seule. D’autre part, tout le monde s’accorde pour confirmer l’absence de réaction chimique à partir d’un produit utilisé couramment à l’hôpital.
= Commandant, nous trouverons tôt ou tard la solution.
Néanmoins, Je ne vous cache pas qu’à mon avis il faudrait que se produise un nouvel attentat pour décortiquer tous les rouages et mécanismes.
=Cette méthode de travail ne me convient pas, je préfère faire travailler les neurones des scientifiques et éviter un nouveau massacre.
Elle se rendit compte qu’elle n’obtiendrait rien de cet entretien et se remit en route.
Elle ne pouvait pas s’empêcher de se poser et de se reposer toujours la même question : comment volatiliser dans l’air une substance chimique concentrée sans se faire remarquer ?
De retour à Paris, elle se rendit au Q.G. de la D.S.I., Place Beauvau. Elle entra précipitamment dans la cour d’honneur, alors que tous les véhicules du même modèle, alignés en épis, portières ouvertes, moteurs en marche étaient prêts à bondir à l’extérieur.
D’un geste rapide, elle écarta de ses yeux une mèche de cheveux rebelle et fixa de son regard hypnotique le ciel en se disant : si tu m’aides ça m’arrangerait bien.
Steiner lui fit signe de monter dans le command- car.
=Nous avons un rendez vous , montez vite !
=Tout le monde est-il prêt ? hurla un des officiers. Bien ! dans ce cas, on démarre , vite fait.
Dans le command- car, une autre personne était déjà installée auprès de Steiner.
=Nathalie, je vous présente Robert Brown, conseiller à l’ambassade des Etats Unis, très intéressé par les problèmes de terrorisme, alors que l’Amérique a toujours fort à faire avec Al Quaïda.
=Enchantée ! monsieur Brown, j’espère que nous formerons une excellente équipe.
=J’en suis convaincu, chère madame.
Les voitures quittèrent le Q.G,. sirènes hurlantes. Nathalie aimait impressionner de cette manière la population et faire ainsi la démonstration de l’autorité qu’elle représentait.
Une voix retentit dans les radios installées à bord des véhicules :
=Allez les gars, le champignon à fond ! !
Il faut arriver avant de partir !
=Et les radars, ! !
répondit en écho un des sous officiers, tout en ricanant.
Les motards de la gendarmerie ouvraient le chemin. Les girophares se reflétaient sur la moindre paroi de verre, créant ainsi un kaléidoscope. Après avoir pris la direction des champs Elysée, le convoi traversa la Place de la Concorde puis la Seine et arriva rapidement au Ministère de la Défense, boulevard Saint Germain . Le Colonel Steiner, accompagné des hommes de la Garde rapprochée, entra précipitamment à l’intérieur des lieux où les attendaient le Ministre de la défense, le Ministre de la santé et le Président de l’Académie de Médecine : le professeur Milkovisky.
=Professeur avez vous fait bonne route ?
demanda le patron de Nathalie.
=Oui ! , je viens de la « Pitié Salpêtrière » et je n’ai jamais traversé Paris à cette vitesse.
=Dans la situation actuelle ,l’urgence est la règle.
Nous avons des informations et nous avons besoin de votre avis.
=J’espère pouvoir vous être utile , car nous n’ avançons que très lentement dans nos analyses de la substance chimique et je suis très inquiet , il est toujours impossible de comprendre le mode opératoire des terroristes. je suppose en outre que ce dossier relève strictement des services secrets .
=C’ est évident, c’est la raison pour laquelle je suis ici Mon service est « un service spécialisé », appelé ainsi pudiquement par les pouvoirs publics ça veut dire concrètement : service secret.
=Oui ! je comprends.
=Tous les services sont malgré tout mobilisés. On risque de voir leurs chefs faire le paon , c’est à dire la démonstration de compétences réelles ou supposées. On va se marcher sur les pieds. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge. D’autant plus que dans certains cas les préfets doivent être informés, ce qui va ralentir notre action vu leur réactivité légendaire.
A ce moment un bruit extrêmement violent, comme une explosion interrompit la conférence. Les vitres des bureaux éclatèrent, les tasses de café secouées débordèrent. Il n’était pas utile d’attendre l’alarme pour évacuer le bâtiment. Tous les officiers, sans panique, se dirigèrent vers la sortie. Une fumée opaque, vraiment noire, enveloppait la façade de l’immeuble et s’élevait en spirale dans toutes les directions .La source de cette fumée était un véhicule complètement désintégré. Tous comprirent qu’ils venaient d’échapper à un attentat. Nathalie réagit rapidement.
=Ce qui vient de se passer est la preuve que ce n’est pas le moment de dormir, il faut réunir immédiatement le maximun d’unités d’intervention et agir sans se soucier des avis des politiciens.
=Oui mais pour l’instant, il est plus urgent d’aider les services de la police scientifique, rétorqua Steiner.
Après examen rapide des débris calcinés de la voiture, on conclut à l’absence de victime, hormis le kamikaze. Le garde de faction ayant repéré la vitesse excessive du véhicule, avait tiré dans les pneus et dévia ainsi la trajectoire du véhicule qui s’écrasa sur l’un des piliers de l’entrée de la cour du ministère de la défense .
Nathalie rejoignit le parking, plongea dans un command- car et fonça pour rejoindre le QG de la cellule de crise rattachée au Président de la République, car sa préoccupation prioritaire dans l’immédiat, c’était bien les événements de « Nilces ». La France devenait un terrain favori des terroristes . En effet, si la situation continuait à évoluer dans ce sens , la mise en œuvre de la loi martiale deviendrait indispensable.
Pendant qu’elle roulait à vive allure , elle remarqua dans le rétro un motard qui s’alignait dans son sillage et tentait de la doubler.
Super entraînée, Nathalie flairait le danger et zigzagua sur l’asphalte .
La partie n’était pas gagnée car le motard parvint à se faufiler dans les embouteillages .
Elle changea de direction, mais le motard manifestement connaissait le quartier et contournant les sens interdits, surgit face à Nathalie. Il coucha la moto pour bloquer le passage, brandit son arme et tira mais Nathalie, sans paniquer, accéléra brutalement et fonça sur la moto après avoir pris soin de s’allonger sur le plancher.
La voiture heurta violemment l’agresseur , celui-ci n’ayant pas eu le temps de s’écarter, fut écrasé par le bolide qui partit en toupie et s’arrêta net le long d’une rambarde.
Elle sortit son arme, s’approcha du corps allongé dans une marre de sang mais ne put que constater à quel point il était déchiqueté.
Elle fut saisie par une gêne, presque un malaise en remarquant que le blouson déchiré laissait apparaître le mamelon d’un sein complètement broyé.
Il s’agissait donc d’une femme vraisemblablement jeune ce qui se confirma lorsqu’elle découvrit le visage en ôtant le casque. Elle devait avoir au grand maximun vingt cinq ans.
Les différents services de sécurité alertés par le voisinage arrivèrent sur place mais la D.S.I. était concernée en priorité. L’officier parvenu le premier sur les lieux exprima son étonnement :
=Je ne voudrais pas être votre mari commandant, vous avez des méthodes de choc.
=Un mari, plus jamais, j’en ai eu un ça m’a suffit.
L’officier de la D.S.I. rougit, il avait compris qu’il avait gaffé.
Elle était toute retournée d’avoir écrabouillé, une si jolie jeune femme.
L’identification de celle-ci permit de conclure qu’il s’agissait d’une pakistanaise étudiante en fac de droit , islamiste de surcroît.
Voilà qui complétait le tableau brossé quelques temps auparavant lors des interrogatoires conduits par la D.S.I. laissant entendre que les terroristes avaient leurs bases situées hors d’Europe.
Quelques heures plus tard , Nathalie conta sa mésaventure à Steiner qui réalisa la gravité de la situation et invita de ce fait, le Chef d’état major des armées rattaché au Président de la République, à participer à un briefing.
Celui-ci présenta son analyse de la situation.
=Ce sont des groupes très dangereux, structurés et disposant de moyens financiers considérables. Ils ne s’arrêteront pas après « Nilces », le choix de cette commune, c’est le hasard. Ils ont pris un quelconque bled paumé pour tester leur méthode. Ils disposent d’une panoplie complète d’Armes de Destruction Massive, c’est à dire N.R.B.C.
Le risque d’un méga attentat n’est pas à exclure, notamment en combinant des armes de types différents, par exemple : le nucléaire et le chimique. Je n’exclue pas non plus un remake du « 11 septembre « sur une centrale nucléaire.
Nous savons tous que les Pakistanais ont exporté les connaissances scientifiques en matière nucléaire dans le monde, notamment en entretenant des relations avec les états islamiques.
Nathalie exprima quelques réserves sur cette analyse.
=On ne peut pas fermer toutes les centrales !
=Il en était question lors de la sécheresse de l’été 2003.
=Oui ! ! , mais aucun chef de gouvernement, n’oserait aller jusque là .Ce serait une catastrophe pour l’économie du pays, sans compter les retombées politiques incalculables.
Comme vous savez, les centrales françaises sont parmi les plus puissantes du monde.
Steiner, à ce moment réagit vigoureusement.
=Nathalie, je ne vois pas d’autres solutions : démanteler le réseau terroriste qui menace l’occident.
C’est votre mission !
Vous allez vous préparer pour des interventions rapides mais je ne sais pas encore dans quels lieux.
Le Général exprima un autre point de vue.
=Personnellement, je pense que nous devons être prêts à des concessions : la multiplication des versements de subventions à des œuvres humanitaires ou à des associations situées au Proche Orient permettrait d’éviter tout acte terroriste sur le territoire français et européen.
Elle était outragée et ne put cacher sa colère : elle explosa.
=Si vous acceptiez de négocier avec des terroristes, des criminels , cela reviendrait à favoriser le chantage , demain vous serez à genoux, ils s’empareront et contrôleront le pays d’une manière subtile.
Déjà, ils manipulent des gamines en tchador pour préparer les esprits.
Le Général renchérit.
=Pensez ce que vous voulez, néanmoins, dans le passé la France a fourni des camions et même des « mirages » à l’Irak . Personne n’a rien dit .
=Oui ! justement, le chantage n’a pas de limite, un jour des camions, le lendemain la politique intérieure de la France.
=Certes madame , mais c’est tellement plus rassurant de prendre le métro sans regarder à chaque pas où l’on met les pieds.
Réfléchissez et vous deviendriez raisonnable.
La paix en France mérite bien de sacrifier de beaux principes et après tout vos services ne sont t-ils pas des spécialistes de la manière forte ? Dans ce domaine, vous semblez oublier les beaux principes, c’est du moins ce que l’on dit des pratiques de vos collaborateurs, lors des interrogatoires dans le CDI : le Camp des Interrogatoires. Vos principes seraient donc à géométrie variable.
=Vous ne savez pas de quoi vous parlez, nous avons de cette manière, évité des actions terroristes , ça n’a rien à voir avec les méthodes utilisées par un dictateur pour empêcher l’instauration de la démocratie ou la volonté de liquider la démocratie en France pour instaurer une dictature.
Nathalie s’emporta.
=Toute cette discussion est stérile. Il faut agir très vite car autrement l’opération s’enliserait.
Steiner était convaincu qu’elle devait se lancer tout de suite dans la bataille et soutint ses propos.
CHAPITRE II
Nathalie et Robert débarquèrent à Montmartre dans la chambre de la jeune pakistanaise qui avait été tuée lors de l’agression de la chef du « S.A. ».
Une chambre équipée modestement : un matelas posé sur le sol , un coin toilette comprenant un lavabo, entouré par un paravent à deux volets, un petit réchaud électrique sur une caisse en bois, quelques ustensiles de cuisine , un mini poste de télévision posé sur un panneau de contre plaqué soutenu par deux tréteaux.
Le linge de la jeune fille était soigneusement rangé dans des boites en carton : soutiens gorge et slips ensemble, collants et tee shirts dans une autre boite.
Par contre, une quantité impressionnante de documents était empilée à même le sol : cours de fac en math physique, de la documentation sur la centrale de Gravelines située près de Dunkerque, ainsi que des informations extraites du net, portant sur les drones . Nathalie fut attirée par une boite de cigares vide, l’ouvrit et surprise, découvrit un stylo d’une dizaine de centimètres, mais dont la sphère était celui d’un cigarillos. La brillance du métal de la tige centrale était extrême.
=Regardez ! !, apparemment c’est un stylo mais il a quelque chose de bizarre.
=Vous avez raison , on va l’envoyer au laboratoire.
En plus, j’embarque toute cette documentation sur les drones , ça pourrait nous être utile.
On ne sait jamais ! l’intérêt de cette fille pour les drones , pour la centrale de Gravelines et ce gros stylo a peut être un motif unique.
=Pour l’instant, je vais interroger le concierge de l’immeuble ,il a peut être repéré quelqu’un avec la Pakistanaise.
Le concierge fournit quelques informations :
=Oui ! je l’ai souvent vue par le passé avec un type à l’accent marseillais.
C’était quelqu’un de fort sympathique, on parlait souvent de choses insignifiantes , il roulait à bord d’une B.M.
Nathalie rentra finalement chez elle pour un repos bien mérité et s’endormit sans difficultés, tellement elle était épuisée.
Cependant, le Colonel Steiner , service oblige, ne s’arrêta pas sur ce genre de considération.
Il n’hésita pas à la sortir des profondeurs du monde des songes érotiques.
=Nathalie, désolé de vous déranger à cette heure de la nuit, mais c’est urgent. Le « stylo » que vous avez découvert était destiné vraisemblablement à être transformé en une arme nucléaire. Il n’a pas fallu longtemps au labo pour le comprendre. La semaine dernière la C.I.A. leur a envoyé sur le « net », la photo du même modèle avec moult détails.
Nos services nous ont indiqué qu’il aurait pu servir à l’accomplissement d’un méga attentat. Par contre personne ne peut savoir à quel endroit .
Il faut donc découvrir rapidement le réseau qui l’a acheminé.
=Certes tout ça est loin d’être clair , je me demande si nous ne faisons pas fausse route.
Quelque chose m’échappe.
=Oui ! ! c’est suffisamment grave pour que je prenne la décision de vous appeler en pleine nuit.
Nathalie, à demi endormie écouta avec néanmoins beaucoup d’intérêt son patron.
=Vous êtes pardonné, car je suis très angoissée à l’idée qu’un groupe de terroristes se trouve sur le pied de guerre.
Il est nécessaire de repenser notre stratégie pour reprendre en main le dispositif de recherche du réseau terroriste.
=Certes, on en reparlera demain, bonne nuit ! ! !
Nathalie ne put retrouver le sommeil et réfléchit à la conversation nocturne qu’elle venait d’avoir avec le Colonel.
Tôt le matin, le déjeuner, le footing, la douche la remirent en forme.
Arrivée au bureau, elle réunit son état major.
=J’en ai assez de jouer au chat et à la souris.
Je veux maintenant des résultats. A la limite peu m’importe comment.
=Commandant, nous ne savons pas dans quelle direction nous diriger, car nous ne disposons que d’informations imprécises.
Il serait hasardeux de lancer des opérations à l’aveuglette type opération coup de poing , si le ciblage s’avérait incertain, nous risquerions de les avertir et de les mettre en garde.
Ce serait encore pire que de laisser tranquille leurs réseaux dormants.
=Non ! je ne suis pas d’accord, je pense qu’il va falloir organiser le plus rapidement possible une opération même sur la base des seules informations dont nous disposons.
L’un des officiers se senti obligé de réagir.
=Dans ce cas commandant, je me considère en pré-alerte.
=Oui ! , vous êtes en pré-alerte et même en état d’alerte.
Par contre dans la population régnait une certaine insouciance, malgré les événements graves qui venaient de se produire.
Les médias pratiquaient une forme d’autocensure afin de ne pas propager une psychose dans la population.
Nathalie se rendit au restaurant situé près de l’état major, accompagné du Colonel Steiner. C’était l’occasion à nouveau de faire le point et sans le formalisme des réunions d’état major, de brosser à grands traits le tableau de la situation.
=Si je ne trouve pas une piste Colonel, je pense que je vais criser, alors aidez moi .
=Vous m’étonnez commandant, je n’en crois rien , vous êtes trop solide et nous avons besoin de vous.
Les hommes du « Service Action » vous considèrent comme une super women, ce serait stupide de les décevoir.
=J’en ai rien à faire qu’ils m’idéalisent, je suis certainement plus fragile qu’il ne paraît, je veux qu’on s’en sorte . Il faut reprendre toute cette affaire depuis le début, manifestement, nous faisons fausse route.
D’abord, on a eu affaire à une attaque chimique et on ne connaît toujours pas le mode opératoire utilisé par ces criminels. Ensuite, une attaque kamikaze, et maintenant voilà qu’on trouve une arme nucléaire miniaturisée sans savoir d’où elle sort .
=On pourrait facilement imaginer un méga attentat quelque part en France ou en Europe.
=Oui et même si précédemment, je n’ai pas voulu le reconnaître, avant d’envisager une opération d’envergure, je dois continuer l’enquête en équipe restreinte avec Brown .Elle pourrait de fil en aiguille nous conduire sur une piste.
=Voilà une manière d’appréhender la situation qui n’est pas pour me déplaire.
Dès le lendemain Nathalie reprit son bâton de pèlerin pour reprendre l’enquête avec son collègue.
Elle exposa sa stratégie à son collègue de la C.I.A
= Nous allons agir discrètement, et nous avertirions le Président de la République, seulement et seulement si on récupérait des infos sensas , autrement monsieur Brown : silence radio.
=Ok Commandant, je préfère dans un souci d’efficacité que nous assemblions le puzzle ensemble.
=Voyez - vous monsieur Brown, il faut avancer pas à pas , c’est le secret de la réussite, en allant trop vite on se ramasserait.
Commençons par les affaires de la Pakistanaise.
=Ok ! et on verra ce qu’on peut tirer de l’examen de ce stylo .
Aussitôt dit aussitôt fait.
Suite aux adresses fournies par le carnet de rendez vous de la Pakistanaise , Nathalie et Brown remontèrent rapidement jusqu’à l’endroit où le stockage du matériel était susceptible d’être réalisé.
Il s’agissait d’un immense labo désaffecté, implanté dans un des nombreux sous- sols de l’immense groupe hospitalier la « Pitié Salpêtrière » à Paris, un endroit déserté depuis des lustres par le personnel et jamais personne ne s’était soucié de ce qui se tramait à l’intérieur.
C’était un endroit idéal pour ce genre d’activités, car l’organisation terroriste avait réussi à dérober du matériel dans l’enceinte de l’hôpital notamment des compteurs pour évaluer le degré de radioactivité à l’intérieur du labo.
Les services « spécialisés » de la préfecture de police étaient déjà arrivés sur place lorsque nos deux agents secrets se présentèrent à la « Pitié Salpétrière ».
Il était d’ailleurs nécessaire de prendre le maximun de précaution, même si les compteurs n’indiquaient pas un niveau de radioactivité trop élevé.
=Attention ! ! en revêtissant cette combinaison « N.R.B.C. », car si vous étiez mal ficelée, ce serait inefficace.
=Pas de problème monsieur Brown, j’ai suivi un entraînement avec les sapeurs pompiers de Paris, je connais les inconvénients de tout ce barda . Nous sommes prêts, alors, allons y ! !
Un robot fut mis en mouvement. Il s’agissait d’un cube motorisé, porteur d’une pince téléscopique rallongée permettant de saisir les objets à distance en toute sécurité.
la matière radioactive était prisonnière dans un compartiment étanche du stylo. Une telle qualité de la sécurisation du matériel était vraisemblablement le fruit de la recherche scientifique dans le domaine de la conquête spatiale.
Un professeur de physique nucléaire dépêché en urgence sur place, attendait les deux agents secrets pour les guider dans leur enquête. Nathalie l’interpella.
=Bonjours professeur, vous allez j’espère m’expliquer quel secret recèle ce laboratoire clandestin, découvert dans le sous- sol de cet hôpital et équipé pour emballer de si beaux stylos.
=Il s’agit, vous le savez maintenant d’une arme nucléaire. Nous avons été choqués de faire cette découverte. D’après le directeur de l’hôpital, c’est vrai que personne ne se rendait dans cet espace depuis longtemps. Tout le monde ici était persuadé qu’il s’agissait d’une friche et comment imaginer qu’un groupuscule terroriste oserait implanter un labo clandestin surtout pour stocker une arme nucléaire.
Le personnel de l’hôpital en a des frissons dans le dos, quand on pense qu’il travaillait avec une arme nucléaire sous les pieds.
En fait c’est une arme importée du Proche Orient et adaptée aux nécessités locales.
Le pays qui détient de telles armes, les a conçues pour éventuellement utiliser la dissuasion nucléaire mais à petite échelle et donc sur un espace limité.
=Quelle puissance représente un stylo nucléaire ?
=Oh ! on peut dire sans risque d’erreur : l’équivalent d’un dixième de la puissance de la bombe d’Hiroshima et c’est peut être un minimun.
=Ce qui signifierait qu’une dizaine de stylos suffirait pour raser Paris.
=Non ! pas une dizaine !deux, trois suffiraient pour détruire Paris, d’autant plus qu’ en cas d’explosion même d’un seul stylo, des explosions en chaînes se multiplieraient, notamment si des installations abritant des produits chimiques se trouvaient à proximité de l’épicentre.
=Ce serait l’apocalypse.
=Il est donc indispensable de rechercher qui introduit ces stylos en France et en Europe.
Pour Nathalie et Brown conduire l’enquête en duo était le meilleur moyen d’obtenir des résultats mais il ne fallait pas traîner. Chaque heure comptait. Un dingue se baladait peut être dans Paris avec un stylo diabolique et disposait du pouvoir de renouveler l’horreur d’Hiroshima.
Ils prirent congé de leur hôte, après avoir reçu beaucoup d’informations et persuadés qu’ils en obtiendraient d’autres d’ici peu de temps susceptibles de faire rebondir l’enquête.
Nos deux agents secrets prirent le chemin de l’Ecole Militaire où les attendait un hélico pour les transporter à Rennes, au siège d’un nouvel organisme : le « Centre d’Etudes Scientifique des Phénomènes Terroristes. »
A peine le temps de prendre connaissance de la presse du jour et l’hélico atterrit à l’aérodrome de Rennes.
Il était sept heures trente du matin.
=J’ ai un pressentiment Monsieur Brown, c’est mon intuition féminine qui me dit qu’il va se passer quelque chose.
Effectivement , Nathalie avait de l’intuition et son inquiétude était fondée.
L’escorte entreprit de se mettre en route , les véhicules « Espace » de la D.S.I. étaient précédés par les « Range Rover » du « Service Action ». La ville était calme ,la température était clémente, peu de nuages sillonnaient le ciel
Nathalie ressentait une angoisse particulière qu’elle maîtrisait habituellement mais qui aujourd’hui parcourait sa colonne vertébrale jusqu’au sommet de son crâne. Elle sentait dans l’atmosphère quelque chose de pesant, de surnaturelle, Elle aurait voulu faire stopper le convoi, mais ce n’était pas possible.
Il fallait continuer, elle avait cependant remarqué que les véhicules du » Service Action » étaient trop près de ceux de la D.S.I. . Pour quelle raison les chauffeurs ne respectaient ils pas les consignes de sécurité ? Dans le monde entier toutes les armées appliquent la même norme pour rouler en convoi.
Puis soudainement, les événements s’accélérèrent. Alors qu’elle regardait par la vitre de droite, elle fut éblouie en un instant furtif par un éclair qui se démultiplia sur les manteaux de verre des bâtiments.
Elle n’eut pas le temps de se poser des questions car en l’espace de trois ou quatre secondes, le bâtiment qui se trouvait au niveau du command- car de tête explosa et s’écroula dans un nuage de poussières. Le chauffeur du second véhicule « Espace » qui suivait beaucoup trop prés fut tellement effrayé qu’il effectua une embardée et termina sa route sur un panneau publicitaire indiquant que ce bâtiment était celui de la délégation régionale au tourisme. Une affiche représentant Saint Malo accrochait l’œil par ce slogan : « La Bretagne : challenge de l’eau, source de vie ».
Nathalie sortit du véhicule.
=Monsieur Brown venez vous mettre à l’abri , à l’arrière de la colonne des véhicules ! !
=Le bâtiment a été frappé de plein fouet par un missile C’est une administration, à cette heure matinale de la journée, il devait y avoir personne à l’intérieur.
Heureusement car autrement, ils auraient tous grillé là dedans .En fait, le tireur a raté le véhicule qu’il visait.
=Sûrement, mais ce n’était pas la vraie cible des terroristes
=Comment ça ?
=Les terroristes n’ont vraisemblablement pas ciblé un véhicule d’agents de la D.S.I., ça n’a pas de sens.
Nous étions visés. Ils pensaient que nous étions dans le command car de la D.S.I.
On peut dire que nous l’avons échappé belle.
=Si l’on se trouve dans le collimateur des terroristes, c’est qu’ils doivent croire que nous sommes sur le point de remonter la filière et pourtant, ce n’est pas le cas.
Nathalie et Robert aidèrent la police scientifique pour effectuer l’enquête balistique. Ils recherchèrent dans le voisinage des témoins oculaires de la scène mais à cette heure matinale, la ville était déserte. Les deux agents secrets se rendirent finalement auprès du directeur du centre.
Celui-ci exprima tout d’abord ses regrets, heureusement il n’y avait pas de victime. Il fallait néanmoins continuer le combat. Il exposa ensuite les conclusions des analyses des produits prélevés sur les victimes de l’attentat « chimique » de « Nilces ».
=Le produit toxique que nous avons analysé a été utilisé par les Japonais dans le métro de Tokyo en mars 1995. Il s’agit donc vraisemblablement d’un dérivé du gaz sarin mais cent fois plus toxique et beaucoup plus maniable car il est possible de le concentrer à l’extrême.
Nathalie s’enquit de savoir pourquoi le centre d’analyse était installé à Rennes.
=A Rennes nous disposons des installations , des labos de l’Ecole de la Santé Publique et puis vous savez c’est un accès direct sur Paris, la proximité de la mer ,en outre la densité de la population est faible.
=Certes ! mais ça n’a pas empêché que nous échappions de justesse à un attentat.
=Je ne pense pas qu’un autre site serait plus rassurant ou plus sécurisé.
=Pour revenir à notre préoccupation première, la problématique à laquelle nous sommes confrontés n’a toujours pas trouvé de solution et par ailleurs, nous avons aussi l’obligation de mobiliser tous les services sans pour autant inquiéter l’opinion publique, ce qui nous impose de ne pas transmettre d’informations aux média et même si vous les Américains, avez une conception de la démocratie qui vous conduit à tout leur raconter.
N’est ce pas Robert ? je compte sur vous, sinon vous savez, je vous mets un bonnet d’âne !
=Comptez sur moi Commandant, je n’utilise même pas mon portable. Toutes les communications qualifiées de « top secret » passent par le scanner équipé du dispositif anti interception.
=Ok ! c’est bien, je suis rassurée.
Maintenant, je fonce à Paris , quelques heures de repos avant de reprendre le boulot et ensuite, j’espère avancer un peu plus vite car jusqu’à présent, c’est la marche d’une tortue .
Arrivée à Paris, Nathalie rentra directement chez elle.
En ouvrant la porte quelle ne fut pas sa surprise de trouver sa copine , sa complice Nouria qui était déjà là, ayant pris possession de l’appartement dans l’espoir que son amour rentrerait ce soir .Nouria n’avait pas attendu l’arrivée de Nathalie pour se préparer. Elle était déshabillée, ce qui n’était pas surprenant puisqu’elle circulait toujours nue dans l’appartement. Nathalie était contente de la revoir ainsi décontract car elle avait besoin de décompresser et elle appréciait ce comportement sans tabou de sa copine. C’était comme une drogue, impossible de s’en passer. Quelques heures passées au lit, le défoulement complet et voilà pour elle c’était la certitude de recharger les batteries et de repartir vers le combat qui l’attendait. Après tout, elle en avait rien à faire de ce qu’on disait d’elle . Bien sûr que tous les patrons de l’armée , y compris Steiner, connaissaient ses mœurs et c’est sûrement pas ce qui l’inquiétait. Ils étaient d’ailleurs au courant de la raison pour laquelle son conjoint l’avait plaquée. Les bruits de couloir du ministère de l’Intérieur répandaient la rumeur qu’elle s’était faite surprendre au lit avec la secrétaire de son mari ; le comble pour un homme. Finalement Nouria et Nathalie s’endormirent. Le lendemain matin de nouveaux événements allaient surgir et secouer l’état major de la sécurité du territoire. Il fallait repartir pour se préparer à vivre de nouvelles aventures.
= Allo ! ! Nathalie ! ici Steiner, j’ai besoin de vous à l’état major. Le Ministre de la défense s’impatiente car le Président de la République veut des résultats.
=Ok ! j’arrive ! Préparez moi un jus d’orange car j’ai besoin de vitamines après cette nuit au cours de laquelle je me suis creusée la cervelle pour mettre en place une stratégie, et je suis très sérieuse.
Nathalie se prépara rapidement : la douche, quelques exercices de yoga, du raisin avec du jambon et la voilà repartie. A l’état major ,Steiner et Robert Brown étaient en train d’examiner une pile de dossiers lorsqu’elle arriva.
=Bonjour Nathalie, j’ai appris ce qui s’était passé à Rennes.
C’est une organisation très puissante, particulièrement bien renseignée, qui connaît à l’avance le moindre de vos faits et gestes.
=Certes Colonel, mais maintenant si l’on ne gagne pas la course avec les terroristes , on risquerait de connaître un désastre d’une dimension inimaginable.
=En fait, nous sommes sûrs que c’était vous et Robert qui étiez visés. Après l’attentat du boulevard Saint Germain, l’agression du motard et ce dernier attentat, il faut désormais s’attendre à tout . Par conséquent soyez prudents, car ils vont essayer de recommencer.
=Je sais, c’est le risque du métier.
=En plus, avec votre copine, soyez discrète, elle aussi pourrait être visée.
=J’espère que vous n’êtes pas dans le genre donneur de leçon de morale.
=Non ! , rassurez vous, revenons à nos préoccupations . Dans les affaires de la Pakistanaise, nous avons découvert une adresse dans le troisième arrondissement, la voici : c’est la librairie « Klappen ».
=Voilà du boulot pour nous , vous allez m’accompagner sur place, Robert.
=Bien sûr Commandant ! Euh ! je veux dire, bien sûr Nathalie. ! !
Le temps de traverser Paris et les deux agents secrets arrivèrent à la porte de la librairie Klappen. Surprise , elle était entrouverte. Nathalie et Robert entrèrent prudemment. Elle ne put cacher ce qu’elle ressentait.
= Cet agencement me fait penser à un film dont j’ai oublié le titre.
Au centre de la librairie, l’espace était occupé par des caisses en plastique, posées sur des tables carrées et remplies de livres. Tout le long des murs, des étagères à hauteur d’homme sur lesquelles étaient entassés des milliers d’autres bouquins classés par auteur, uniquement des romans policiers. Pour tirer un livre sur une étagère, il fallait quasiment en sortir une dizaine, ça ressemblait à un mille feuilles avec une première rangée de livres alignés sur lesquels d’autres étaient posés à plat puis au dessus de ceux ci des livres alignés et ainsi de suite sur chaque étagère. Cette absence de sens pratique, ce véritable bazar, permettait aux clients de fureter en toute tranquillité jusqu’à la découverte d’un roman difficile à trouver dans un commerce classique. C’est le côté pratique des soldeurs.
L’atmosphère de la boutique faisait naître une angoisse difficilement maîtrisable. Nathalie était vraiment mal à l’aise.
=Malgré l’entraînement para commando que j’ai subi, j’ai la trouille parce qu’une femme reste une femme .
=Nathalie ! , je vous trouve bien philosophe pour un para commando.
Les amazones ne sont jamais tendres lorsqu’elles ont des tenailles entre les mains pour faire parler quelqu’un. Nous connaissons ça dans l’armée américaine. Ce n’est pas manquer de respect à votre égard que de penser que vous avez la psychologie d’un être taillé dans le roc et qui sait oublier toute sensiblerie lorsque le devoir le nécessite.
=Vous avez envie de dire le devoir ou le plaisir.
=Allons Nathalie ! conservez ce jardin secret .
Ils pénétrèrent ensuite dans le bureau qui se trouvait à l’arrière boutique et manifestement, les locaux avaient été visités auparavant. Tout était mis sens dessus dessous : des dossiers éparpillés , des étagères renversées .
Pas la peine de se creuser les méninges pour imaginer ce qui s’était passé.
Des intrus avaient vraisemblablement cherché quelque chose comme de la doc , des infos ou des dossiers confidentiels.
Ils montèrent à l’étage et Nathalie essaya de pousser la porte de l’appartement.
=Venez m ‘aider Robert, je n’arrive pas à pousser la porte.
=Ouais ! c’est quoi ça, elle résiste quelque chose la bloque
Je passe le bras pour essayer de la dégager.
Oh ! là… une main et voilà un bras, c’est un corps , je vais essayer de le dégager en soulevant une épaule.
Poussez la porte pendant que je fais glisser le corps sur le côté.
Voilà ! on y arrive, c’est une femme .
Le corps de la femme baignait dans une mare de sang. La jupe était arrachée.
Manifestement, elle avait essayé de se débattre. La position du cadavre laissait penser qu’elle avait été agressée par deux personnes. Une ouverture profonde s’étendait du nombril jusque la base du foie et le sang continuait à couler. Ce qui indiquait que l’agression était récente.
Robert espéra qu’il était encore possible de faire quelque chose.
=Nathalie, je vous en prie ,examinez son pouls.
=Son cœur ne bat plus, décidément, la mort plane autour de nous.
A chaque fois qu’on arrive quelque part, c’est toujours trop tard .Il n’y a pas d’autres explications : soit, nous sommes débinés par quelqu’un du service ou bien la stratégie que nous déployons est complètement nulle.
=Pour l’instant, c’est pas de l’évaluation qu’il faut faire mais m’aider à repousser le corps pour essayer de l’identifier. Regardez en plus, c’est une femme particulièrement jolie.
=C’est pas le moment Robert ! fouillez la pour voir si elle a des papiers sur elle.
=Pas la peine, sur le médaillon au dos de la Sainte Vierge un nom est gravé : » Klappen ».
=C’est la patronne de la librairie.
Elle s’est faite buter, vraisemblablement parce qu’elle a découvert les cambrioleurs à l’œuvre. Ils ne lui ont pas fait de cadeau.
=En tout cas, elle ne pourra plus parler et comment savoir s’ils ont trouvé ce qu’ils cherchaient.
=J’en sais rien, on va quand même vérifier tout ça.
Venez par ici, il y a une sortie vers la cour qui donne sur l’autre côté de la rue .
=Nathalie, regardez ici ! je pense qu’une voiture les attendait, pour leur permettre de filer sans demander leur reste .
=A tout hasard, déformation professionnelle, je jette un oeil sur le chemin qu’ils ont emprunté avant de filer en voiture .
La perspicacité de Nathalie, une fois de plus, la conduisit à faire une découverte intéressante.
=Venez voir, C’est quoi ce machin qui brille sur la pelouse ?
=Un bouton .
=Non ce n’est pas un bouton, c’est comme une vis. Elle brille mieux dans l’obscurité, on la repérerait à plusieurs mètres .
=Attendez ne la touchez pas, on ne sait jamais depuis qu’on a découvert ce stylo, on est traumatisé au point de voir de l’uranium partout.
=Vous avez raison, mais je ne crois pas qu’il faille s’inquiéter, c’est une simple vis.
=C’est pas une vis, regardez ! c’est un pins, en vérité un signe de reconnaissance.
=L’un des agresseurs l’ a perdu et c’est un indice, dessus c’est une aile d’avion avec un triangle, un delta.
C’est le symbole je suis sûre du groupe terroriste « delta ».
=Vous êtes sûre ?
=Certain, je l’ai découvert lorsque Steiner m’a présenté les différents logos des organisations qui agissent dans la mouvance du terrorisme international. Nouvel indice, nouvelle piste. Nous savons depuis des lustres que « Delta » est un groupe qui a eu son siège pendant plusieurs années dans une imprimerie du neuvième arrondissement. Par le passé, personne ne s’en intéressa, et bien maintenant nous, nous allons nous en préoccuper.
=Ce qui vient de se passer avec madame Klappen, doit nous servir de leçon.
Ne perdons pas de temps.
=Effectivement, j’avertis les collègues qu’ils se préparent pour effectuer une descente.
CHAPITRE III
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”OPERATION DRONES”, Editeur: “La Société des Ecrivains” (Filiale du “PETIT FUTE”).
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